1. Ce qui vient d’être publié
Le décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026 modifie notamment les règles de délégation, les dispositifs de gestion des risques lors de l’achat de CEE et le contrôle de la régularité des demandes. Il est accompagné d’un arrêté daté du même jour, qui précise des vérifications minimales et prévoit un formulaire joint au contrat de cession. Il s’agit de textes adoptés et publiés, avec des dates d’application distinctes : ce ne sont plus de simples projets.
Ce décryptage concerne la France et les opérations liées au dispositif des CEE. Il ne présente ni un nouveau barème de prime ni une nouvelle condition générale de qualification des entreprises du bâtiment. Pour connaître les exigences propres à un chantier, il faut toujours identifier l’opération, sa fiche applicable et les règles du dossier concerné.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre
2. Artisan, demandeur, cédant, acquéreur : identifier le bon rôle
Le professionnel qui pose une isolation, remplace un équipement ou intervient dans une rénovation n’est pas nécessairement le demandeur des certificats. Il peut travailler avec un partenaire qui constitue le dossier. Le cédant vend les certificats ; l’acquéreur les achète. Une entreprise peut cumuler plusieurs fonctions, mais il faut le vérifier avant de lui attribuer une obligation.
Les nouvelles vérifications de risque décrites par l’article R. 221-14-2 sont placées du côté de l’acquéreur de CEE. Elles examinent notamment le cédant, le premier détenteur et certains liens entre acteurs de la chaîne. Le formulaire de cession ne devient donc pas automatiquement une annexe obligatoire à chaque devis de rénovation signé par un particulier.
Pour une petite entreprise de travaux, une action utile consiste à demander à son partenaire qui porte la demande, qui détient les preuves et qui répond aux demandes de complément. Consignez ces réponses dans le dossier commercial. Cette organisation est une recommandation pratique ; elle ne transforme pas l’installateur en acheteur de certificats.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre
3. Les dates à reporter dans votre suivi
Le décret prévoit l’application de ses dispositions sur les contrats de délégation aux contrats conclus à compter du lendemain de sa publication, soit le 12 octobre 2026. Sa notice indique également une entrée en vigueur le lendemain de la publication pour les autres dispositions, hors les règles bénéficiant du calendrier particulier de novembre.
Pour les nouvelles règles de gestion des risques et de conservation liées aux cessions, l’article 2 vise des certificats délivrés à compter du 1er novembre 2026 et intégrés à des contrats de cession conclus à compter de cette date. L’article 3 de l’arrêté reprend cette double condition. La seule date du chantier ou du devis ne permet donc pas de conclure que ce nouveau régime de cession s’applique.
Dans un tableau de suivi, séparez date du chantier, date de dépôt de la demande, décision de délivrance, contrat de cession et ordre de transfert, lorsque ces informations relèvent de votre rôle. Demandez au responsable du dossier de confirmer le régime applicable si vous n’avez pas accès à la chaîne de cession. Ne remplacez pas une date inconnue par celle de la facture.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre
4. Les contrôles peuvent porter sur la demande dès son dépôt
Plusieurs modifications du décret étendent explicitement des dispositions de contrôle aux demandes déposées, au lieu de raisonner seulement sur des certificats déjà délivrés. Le texte modifie notamment les articles R. 222-3 et R. 222-4. Pour R. 222-3, il précise la prise en compte des demandes déposées depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025.
La conséquence pratique pour la préparation d’un dossier est simple : la cohérence des informations doit être traitée avant le dépôt. Un document manquant, une quantité contradictoire ou une référence produit différente entre les pièces doivent être signalés au responsable du dossier, puis résolus avec des éléments vérifiables.
L’article ne fournit pas une liste réglementaire universelle de pièces valable pour toutes les opérations. Les documents nécessaires dépendent du dossier et des textes applicables. En revanche, une vérification croisée du devis, des travaux réellement réalisés, des références et des justificatifs demandés permet de repérer les écarts avant de les transmettre.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
5. Ce que l’acquéreur doit mieux documenter
Le nouveau dispositif prévoit un document daté et signé sous la responsabilité de l’acquéreur, dans les douze mois précédant le contrat de cession. Il comprend l’identification du cédant et des éléments sur les procédures de choix du partenaire et d’achat. Des données permettant d’évaluer le risque de défaillance doivent être réunies selon les conditions et exceptions du texte, notamment celles concernant l’ANAH et les collectivités.
L’arrêté détaille huit familles minimales de vérification : assurance professionnelle, situation fiscale et sociale, solidité financière, situation de dirigeants et bénéficiaires effectifs, sanctions liées aux CEE, amélioration continue et qualité, procédures de risque, et cohérence entre les moyens du cédant et les volumes vendus. Le contenu précis doit être lu dans son article 1er ; ce résumé ne remplace pas une procédure de conformité.
Le décret prévoit aussi des vérifications sur les liens de contrôle entre cédant, premier détenteur, mandataires, organismes de contrôle et professionnels réalisant les travaux. Une entreprise de travaux peut donc recevoir des demandes d’information de son partenaire sans être elle-même acheteur de CEE. Avant de transmettre des documents, vérifiez le demandeur, la finalité et le canal prévu.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre
6. Formulaire, transfert et conservation : trois étapes différentes
L’arrêté impose que le formulaire prévu en annexe, renseigné, daté et signé, soit joint au contrat de cession au plus tard à la date de l’ordre de transfert sur le registre. Le décret prévoit la vérification des informations par l’acquéreur avant le transfert effectif. Il convient d’utiliser le modèle officiel complet, accessible dans le PDF authentifié de l’arrêté, plutôt que de reproduire approximativement un formulaire à partir d’un article.
L’annexe prévoit notamment des informations rattachées aux décisions de délivrance et aux fiches d’opérations, ainsi que des indications sur les liens de contrôle, les contrôles d’opérations et le rôle actif et incitatif. Certaines informations ont des exceptions : le modèle et ses notes doivent être lus ensemble.
Le nouvel article R. 221-29 prévoit une conservation de six ans après le transfert pour les pièces concernées détenues par l’acquéreur, avec le contrat de cession. Ce délai ne doit pas être présenté comme une nouvelle durée unique de conservation de toutes les factures de tous les artisans. L’entreprise doit distinguer les documents et obligations correspondant réellement à son activité.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre
7. Une préparation concrète pour l’entreprise de rénovation
Créez une fiche par opération, avec un identifiant stable et le nom du responsable du dossier chez votre partenaire. Reliez-y les versions des documents et les questions encore ouvertes. Pour une intervention d’isolation, évitez par exemple de laisser circuler deux surfaces différentes sans expliquer le changement de périmètre et retrouver la pièce correspondante.
Prévoyez un contrôle avant envoi : même chantier, même client ou bénéficiaire correctement identifié, prestation effectivement convenue, références cohérentes et pièces demandées présentes. Si une intervention change, datez la révision et conservez l’explication. Cette méthode facilite le suivi ; elle ne suffit pas, à elle seule, à établir l’éligibilité aux CEE.
Pour les devis, décrivez les travaux et les éventuelles hypothèses de financement séparément. Ne promettez pas une prime sur le seul fondement de ces nouveaux textes. Demandez une confirmation documentée au partenaire chargé du dossier avant de présenter une aide comme acquise au client.
Plomberie : structurer les devis et le suivi des demandes clients
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
8. Les points que ce décryptage ne permet pas de conclure
Le décret ne fixe pas, pour chaque métier, un tarif de prestation ou un montant de prime. Il ne permet pas non plus de déduire qu’une entreprise de travaux doit remplir elle-même tous les formulaires de cession. Il faut examiner la fonction exercée et le dossier. Une incertitude sur cette répartition mérite une réponse du partenaire ou du professionnel compétent avant l’envoi des pièces.
Le texte modifie également le plafond de calcul prévu à l’article R. 222-10. Il serait trompeur de transformer ce mécanisme en une amende automatique par chantier ou par artisan. Notre recommandation est de traiter les incohérences en amont et de conserver les preuves de correction, sans inventer un barème de sanctions simplifié.
Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre
Exemple de travail fictif
Exemple : un installateur prépare son dossier avec un partenaire CEE
Une entreprise fictive réalise une isolation et transmet les pièces à un partenaire qui porte la demande. Une modification de surface intervient après la première visite. L’entreprise conserve le devis initial, prépare la version corrigée et explique l’écart au partenaire avant le dépôt. Elle lui demande qui confirmera les références et la complétude du dossier.
Elle ne remplit pas de sa propre initiative le formulaire d’achat de certificats si elle n’exerce pas cette fonction. Elle prépare les informations correspondant à son intervention, répond aux demandes justifiées et conserve les échanges. Cet exemple illustre une organisation ; il ne valide aucune opération particulière ni aucun montant de prime.
Rôle identifié → dossier cohérent → dates vérifiées → transmission documentée → suivi des demandes de complément.
France uniquement. Textes publiés le 11 octobre 2026, vérifiés le même jour. Les recommandations d’organisation sont distinctes des obligations décrites dans les sources. · Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre · Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre
Fiche à réutiliser
- Identifier votre rôle exact dans la chaîne des CEE.
- Nommer le responsable du dossier chez le partenaire.
- Distinguer dates du chantier, dépôt, délivrance, cession et transfert.
- Vérifier les deux conditions du calendrier du 1er novembre.
- Comparer les versions et références des pièces avant transmission.
- Utiliser le formulaire officiel si votre rôle vous l’impose.
- Conserver les preuves selon les obligations réellement applicables.
- Ne pas annoncer une prime ou une sanction automatique non établie.
Fiche de suivi CEE — Chantier et identifiant : […] Rôle de l’entreprise : […] Partenaire et responsable du dossier : […] Opération et référence applicable confirmées par : […] Versions des devis et justificatifs : […] Dates connues et dates à confirmer : […] Écart repéré, correction et preuve : […] Prochaine action, responsable et échéance : […]
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FAQ
Ces textes s’appliquent-ils dès le 11 octobre ?
Ils sont publiés le 11 octobre. Le décret prévoit certaines applications le 12 octobre et un calendrier spécifique au 1er novembre pour les règles de cession décrites dans l’article.
Le 1er novembre correspond-il à la date des travaux ?
Non. Le régime visé porte sur des certificats délivrés à partir du 1er novembre et intégrés à des contrats de cession conclus à partir de cette date.
Tout artisan doit-il remplir le formulaire de cession ?
Non. Il faut distinguer le professionnel des travaux des acteurs de la cession. Le formulaire concerne cette dernière, avec les obligations respectives du cédant et de l’acquéreur.
Les contrôles attendent-ils la délivrance des CEE ?
Le décret étend explicitement plusieurs dispositions aux demandes déposées. Préparez un dossier cohérent avant le dépôt.
Ces textes augmentent-ils automatiquement la prime du client ?
Aucun montant de prime ne peut être déduit de ce décryptage. Faites confirmer les conditions de l’opération par le responsable du dossier.
Le délai de six ans concerne-t-il toutes mes factures ?
Le délai présenté ici concerne les pièces et le contrat que l’acquéreur de CEE conserve après le transfert. Il ne remplace pas les autres règles d’archivage applicables à votre entreprise.
Quel est le premier travail à faire lundi ?
Identifier votre rôle, contacter le responsable du dossier et rapprocher les versions des pièces. Traitez les informations contradictoires avant leur transmission.
Sources et repères
Sources consultées le .
- Légifrance — décret n° 2026-945 du 9 octobre 2026, JO du 11 octobre · France — texte initial complet, contrôles et traçabilité des CEE, calendrier articles 1 et 2
- Légifrance — arrêté du 9 octobre 2026, gestion des risques CEE, JO du 11 octobre · France — vérifications minimales, formulaire de cession et double condition du 1er novembre 2026
Les règles dépendent du pays, de la région, de votre statut et du contrat. Vérifiez les obligations applicables avant d’envoyer un document. Les guides pratiques ne sont pas des actualités journalistiques.
Ce guide est publié par Vocalys, éditeur de l’application présentée. Les appels à l’action concernent notre propre produit. Notre méthode éditoriale
